Villa Bégonia à Biarritz : une icône de la Belle Epoque

À Biarritz, une villa Belle Époque d’exception face à l’océan
Dominant la plage du Miramar, l’une des villas les plus emblématiques de Biarritz entame aujourd’hui un nouveau chapitre. Construite en 1909 par l’architecte Walter-André Destailleur, figure majeure de l’architecture Belle Époque, cette demeure au destin romanesque incarne à elle seule l’âge d’or de la villégiature biarrote.
Connue sous le nom de villa Bégonia, ou villa Roussel en hommage à sa première propriétaire, elle impose toujours sa silhouette dissymétrique et théâtrale, suspendue entre ciel et océan. Une adresse rare, chargée d’histoire, au cœur de l’un des emplacements les plus prisés de la côte basque.
Une demeure de la côte basque au passé singulier

Commandée par Lady Roussel, personnalité mondaine et extravagante de la Belle Époque, la villa ne fut occupée que quelques années avant le décès prématuré de sa propriétaire en 1911. Elle accueillit ensuite le financier belge Alfred Loewenstein, qui en devint propriétaire en 1926, avant de disparaître dans des circonstances aussi tragiques que mystérieuses deux ans plus tard.
Au fil des décennies, la villa a connu plusieurs vies, plusieurs usages, plusieurs transformations, sans jamais perdre son aura ni son caractère exceptionnel.
Une renaissance respectueuse et ambitieuse
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© Alice Mesguich
Aujourd’hui, cette demeure historique retrouve son éclat grâce à une restauration menée par le studio Asaï, dans un esprit à la fois respectueux du patrimoine et résolument contemporain. Divisée au fil du temps en vastes appartements — un par étage, chacun développant environ 500 m² — la villa conserve des volumes spectaculaires, rares sur le marché immobilier actuel.
Le projet n’a pas cherché à figer la maison dans une reconstitution historique, mais à révéler son potentiel, en valorisant son architecture, sa lumière et son rapport privilégié à l’océan.
Des volumes remarquables, ouverts sur l'océan

© Alice Mesguich
Dès l’entrée, la générosité des espaces s’impose. Les pièces s’organisent autour de volumes arrondis, offrant une circulation fluide et une mise en scène naturelle des lieux. Les contraintes architecturales d’origine sont ici transformées en atouts, renforçant la singularité du bien.
Les espaces de réception — salon, salle à manger, bar — composent un vaste ensemble largement ouvert sur l’horizon. Le parquet en point de Hongrie, les hauteurs sous plafond et les larges ouvertures offrent un cadre de vie lumineux, élégant et profondément tourné vers la mer.
Les teintes, inspirées de l’environnement naturel, dialoguent avec la lumière changeante de la côte basque, soulignant la sensation d’espace et de mouvement.
Un patrimoine biarrot préservé et valorisé
Les éléments architecturaux d’origine — cheminées, moulures, bow-windows — ont été restaurés avec soin. Certains portent volontairement les marques du temps, rappelant l’histoire du lieu et renforçant son authenticité.
La cuisine et les espaces de vie conjuguent confort contemporain et références discrètes à l’Art nouveau et à l’âge d’or de Biarritz, dans un équilibre subtil entre héritage et modernité.
Des chambres comme des décors de théâtre

© Alice Mesguich
Dans les espaces nuit, l’approche devient plus narrative encore. Chaque chambre est pensée comme une scène à part entière. L’une évoque une forêt onirique, inspirée de Shakespeare, avec des motifs végétaux, du marbre et des jeux de miroirs. Une autre transporte les occupants vers une Italie imaginaire, entre opéra et cabine de bateau ancien, baignée de chaleur et de références classiques.
Partout, la couleur s’invite là où on ne l’attend pas. Antoine Simonin, architecte d’intérieur du projet, assume ce goût pour le mélange et l’accident visuel. Dès que l’ensemble devient trop sage, un détail vient “déglacer” l’atmosphère, créer une surprise, relancer le regard.
Une maison vivante, tournée vers l’horizon
Plus qu’une simple rénovation, ce projet est une déclaration d’amour à Biarritz et à son héritage cosmopolite. Face à l’océan, la villa ne se contente pas d’être belle : elle raconte des histoires, convoque des époques, et invite à une expérience presque théâtrale de l’habitat.
Un lieu où le passé n’est jamais un décor figé, mais une matière vivante, sans cesse réinterprétée. Et c’est sans doute là que réside la réussite de ce projet : dans cette capacité à faire dialoguer mémoire et création, sans jamais perdre le sens du plaisir.